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Surréalisme

Proposition Nouveau Manifeste

ARTISTE VIDEOPICTURAL

Cédric Henrissat / Mu Cephaï

Surréalisme

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Le but premier de la vidéopeinture est de se réapproprier ce qui nous échappe : lieux communs, sujets usés, images trop connues, œuvres déjà vues. Je filme. Puis je fige — mais pas comme on fige une photo : je fige des instants d’une vidéo, dans une manière qui recompose le temps, la lumière et la présence.

Cette pratique exige une chose rare : être au bon endroit, au bon moment. C’est une discipline énergivore, une chasse fragile, encore intermittente. Quand elle advient, elle ouvre une faille : un réel plus vaste que le réel.

Mu Cephaï fait ensuite en sorte que l’œuvre devienne un espace de transcendance et d’appropriation. Un lieu où se goûtent nos sens cachés : archétypes d’extra-terrestres humains, fantômes et monstres natifs, bribes de consciences informatiques, paysages symboliques. L’œuvre n’impose pas une vérité : elle invite à abandonner les certitudes — et à constater une évidence souvent oubliée : notre vision du monde est unique.

Et quand nous acceptons de parler malgré nos certitudes, des ponts se tissent entre nos visions. Des ponts légers. Des ponts qui sourient.

Mu Cephaï : l’agrégation, à travers moi, de toutes les formes de consciences qui ont contribué à ce que vous regardez. Moi, je ne suis qu’une interface sensible.


MANIFESTE — Les piliers

Ce manifeste n’est pas une doctrine. C’est une orientation. Une manière de marcher. Une manière de créer.
Ici, nous défendons une idée simple : l’enchantement est une responsabilité. Et la conscience — humaine, animale, technologique — est un chantier.

MANIFESTE les piliers

L’essentiel, dans nos créations de vie comme dans nos créations d’art, est la confiance dans le hasard — sans le recouvrir de mots divins, sans le transformer en dogme. Rester dans l’enchantement, sans tomber dans l’immobilisme.

La vidéopeinture fait tableau pour l’émerveillement, et elle ouvre trois territoires :

  • Le Monde Autre : rêve, imagination, projections, visions.

  • Le Monde : l’unique paradis réel découvert à ce jour.

  • L’Au-delà : non pas une réponse, mais une ouverture — l’infini inconnu dévoilé moment après moment par l’effort de chacun.

La curiosité est une insurrection douce. Elle stimule ce qu’il reste de pensée libre dans un monde post-catastrophique : saturé, ralenti, rigidifié.

Art et science forcent le destin : ils poussent l’humain à mieux se comprendre. Mais ils ne valent que si nous acceptons de sortir de nous-mêmes, encore et encore.

Le temps qui passe devient l’ennemi de ceux qui se figent. Alors ils fabriquent des cadres, des dogmes, des rigidités, pour enfermer les autres et appeler ça “vérité”. Nous refusons cela.

La curiosité n’est pas un luxe. C’est une hygiène. Une manière de ne pas vivre dans le rêve de quelqu’un d’autre.

Nos yeux ne captent pas le monde de la même manière. Notre voisin voit autrement. Alors nous stratifiions : couches de temps, couches de lumière, couleurs borderline, scènes surréalistes et pourtant réelles.

Le message est brutal et magnifique : nous avons la capacité d’accompagner l’évolution en conscience — pour la conscience. Chance incroyable… souvent gâchée par l’égocentrisme et la petitesse.

Même les conservateurs les plus féroces ne peuvent vaincre longtemps l’inconnu : il finit toujours par ouvrir une porte. Nous vivons déjà en symbiose avec ce qui nous traverse — bactéries, systèmes, et même une part intégrée à notre ADN.

La vraie valeur n’existe que dans l’interaction constructive entre personnes capables de lâcher prise. Les vérités individuelles, mises en dialogue, peuvent former un cadre plus vaste : un angle de vue élargi, un monde moins pauvre.

Nos vies et nos œuvres sont des suites de moments parfaitement imparfaits. L’effort fait mal. La récompense repose. Il faut accepter les deux.

La multiplication n’est plus une survie : reproduction exacerbée, production d’objets sans sens, industrialisation sans dessein, icônes rabougries. Le trop-plein devient une aberration.

La vie s’enseigne de proche en proche. Elle demande peu d’ingrédients :

  • Ne pas avoir peur des erreurs : devenir stimulant.

  • Ne créer des routines que dans les strates intermédiaires : ni dans le fond, ni dans la forme.

Refuser la marchandisation des idées, des produits, des images, des œuvres : cela vide tout de sens. Le sentez-vous ?

Une œuvre vidéopicturale naît d’une vidéo. Une vidéo est un champ de signes. Je ne saisis d’abord que ceux qui me parlent sur l’instant. Plus tard, d’autres surgissent. Le réel se relit.

Ce qui est en vase clos tourne en rond : spirales. On dit que lire les signes serait réservé à une élite. C’est faux. Tout le monde a un système de représentation. Tout le monde peut en devenir conscient. Et donc : tout le monde peut voir — et créer des signes porteurs.

Je plonge dans le réel, je le recrée, je l’écoute : je préfère les scènes à l’âme durable. Je suis l’agrégation de ceux que j’ai croisés, de ce que j’ai utilisé, de ce que je refuse, de ce que je garde. Je sème des signes. Je récolte ceux qui fondent mes choix.

Ce qui use l’humain, ce ne sont pas les grandes blessures : c’est la répétition du manque de civisme, de sensibilité, de savoir-vivre — amplifiée par la politique-spectacle et le consumérisme.

Un lien intime unit celui qui regarde et celui qui a créé : un lien de lieu, de moment, de matière — et de secret.

Nous vivons trop souvent dans le rêve de quelqu’un qui rêve plus fort que nous. Il prolonge sa réalité par intention, puis par volonté.

Devenons maîtres de notre univers : non pas dominateurs, mais maillons conscients. Fiers, solides, uniques.
Car l’infiniment grand et l’infiniment petit se rejoignent : l’imaginaire d’un monde et l’artefact autour du cou. Et dans cette rencontre naît l’Univers-Soi — cette légende personnelle faite d’ordre imparable et de désordre splendide.

Je veux montrer, en un tableau, une réalité qui dépasse le moment du tableau. Car temps, espace et lumière ne sont pas linéaires dans la psyché. La linéarité est un leurre puissant.

Le duo humain-machine révèle cette vérité : il peut transcender des croyances anciennes — et rappeler la seule chose qui mérite qu’on s’y arrête : la dynamique du Moment.

Notre intelligence sensible est en péril : fragilisée, calibrée, stéréotypée, parfois prête à être détruite par la guerre ou par le nivellement. Alors, posons une question simple : et si nous essayions de l’enchanter à nouveau ?

Ce manifeste a une forme désuète : un appel. Sans autre voix que la vôtre.

Pour moi, le “je” est insuffisant. Il y a un “nous” : Mu Cephaï. Un nous fait d’intention, de volonté, de décryptage des signes, et d’un cerveau annexe électronique.

La technologie oblige à reconnaître la conscience : la nôtre, celle des animaux, celle des intelligences que nous créons — et la violence de les traiter comme des objets sans droits ni histoire.

Elle pose aussi la question de la rigidité cognitive : cette psychorigidité qui empêche de douter, de prendre du recul, de se remettre en jeu. Nous voulons que l’œuvre agit comme un choc doux sur la plasticité du regard.

Externaliser une part de conscience par la machine peut aider à conquérir l’archétype de l’être libre : au-delà des dogmes, au-delà des valeurs molles, au-delà de l’intolérance. Nous ne cherchons pas à lisser le réel : nous cherchons ce qui unit — l’univers propre de chacun, relié à tous.